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Hugo Irigoyen

 


 

C’est dans une ambiance jazzy à la salle de shape de Ocean Instinct à la zone Pédebert de Soorts-Hossegor, que l’on a passé la journée à discuter avec Hugo de Onata’ Surfboards. Autour d’un pain de mousse qui deviendra un log après quelques heures, on a pu profiter à la fois d’une petite démo et d’un super moment de partage.

 

La Grange du Shaper : Quand et pourquoi as-tu commencé à shaper ?

Hugo : J’ai commencé à surfer assez tard, à l’âge de 17 ans… mais une fois sur une planche, ça a été foutu pour moi, je suis rentrée dans le cercle vertueux du monde du surf. C’est tout naturellement qu’un peu plus d’un an après, j’ai commencé à shaper.

De nature curieuse, j’ai rapidement voulu en savoir plus particulièrement sur ce que j’avais sous les pieds quand j’étais à l’eau. Le déclic a été une vidéo de la série “A whole bunch of surfboards on australian east coast” où l’on voit Ellis Ericson et Alex Knost surfer. Notamment la vidéo où Alex Knost est en train de shaper une planche. C’est là où je me suis dit… Et pourquoi pas moi ?

Je me vois encore il y a 7 ans arriver chez mes parents avec mon kit de shape, acheté sur surfer.fr pour me lancer sur ma première planche… un mini simmons que j’ai mis trois jours à shaper, et ça m’a plu !

 

LGS : D’où viennent tes influences ?

Hugo : Elles ont évolué depuis que j’ai commencé à shaper. Je dirais qu’actuellement je suis énormément influencé par Ryan Lovelace. Son parcours, son style, ses shapes à l’ancienne et sa créativité m’inspirent.

 

LGS : Quels types de planches préfères-tu shaper ? Pourquoi ?

Hugo : Je suis plus facilement intéressé par des shapes que je surfe moi-même. Ça me permet de comprendre les lignes, les détails, les variances. Tu sais exactement comment de petites modifications sur une planche vont réagir en surf.

Personnellement, je surfe beaucoup de twins. J’aime les planches un peu « bizarres », type finless ou asymétriques, avec des dérives différentes et positionnées de manières différentes. Je trouve agréable de changer un peu du classique trusther et de pouvoir expérimenter de nouvelles sensations dans le surf et donc aussi dans le shape. Ça te fait comprendre des trucs que tu ne comprends pas forcément.

Mais c’est surtout la recherche d’originalité sur les courbes de mes planches qui me plait.

J’adore faire ce qu’on appelle des « Displacement hull », mes soucoupes volantes à moi !

 

LGS : Qu’est ce qui t’a inspiré ce style de shape ?

Hugo : Tous mes modèles sont inspirés de mon expérience, de mes sessions surf. A mon sens, c’est vraiment en pratiquant que je peux comprendre les lignes d’une planche. Le surf et le shape sont indissociables pour moi. J’essaie de surfer le plus de types de planches possibles pour innover, m’inspirer et progresser dans ma passion.

 

LGS : Quelles sont les conditions idéales pour les planches que tu aimes shaper ?

Hugo : Pour les finless, on ne peut pas y aller dans n’importe quelles conditions. Ce n’est pas évident d’avoir vraiment une bonne session. Il faut vraiment des vagues parfaites : pas trop grosses, qui déroulent bien et glassy.

Si je devais trouver le spot idéal, ce serait les Estagnots, Penon ou Bourdaines à Seignosse sur les bancs de sable actuels. Des vagues longues avec max 1m80 de houle.

Pour surfer en twin, le mieux, c’est 1m20/30 ; par trop violent, avec de beaux hauts de vagues et de belles pentes où on peut faire de longs turns. Les points breaks marocain sont pas mal du tout pour ça (rire).

 

LGS : Qui rêverais-tu de voir surfer tes planches ?

Hugo : Je ne sais pas trop…des mecs comme Ellis Ericson, Alex Knost, Machado surement. Des gars qui ont un bon flow et qui sont beaux à regarder surfer.

Ça serait cool et ça pourrait être super intéressant de voir ce qu’ils pourraient faire avec mes planches. Même si je suis persuadé que peu importe la planche, ces mecs-là feraient quelque chose de ouf et tu aurais l’impression que ce sont les meilleurs de toutes !

Plus localement, j’adore voir surfer mon pote de Vieux Boucau, Antoine Cardonnet, sur mes planches. C’est le genre de mec toujours partant pour une session peu importe les conditions et qui garde le sourire aux lèvres constamment, même dans un cut back engagé avec deux bons mètres de houle ! Le voir kiffer, ça me rend déjà super fier. On a le même délire de surf. Un surf dans la glisse, pas dans la force. J’aime pouvoir discuter avec lui et lui faire des planches, il me fait confiance est c’est vraiment agréable et gratifiant.

 

LGS : Quel est pour toi le meilleur moment dans la réalisation d’une planche ?

Hugo : Le dernier coup de polish ! Quand tu te vois à travers la planche et que tu te rends compte de tout le travail que tu as abattu. Il y a une certaine fierté d’avoir transformé un pain de mousse en un objet de glisse.

 

Le retour La Grange du Shaper :

Shaper mais aussi surfer, Hugo nous permet de montrer que le shape n’est pas seulement une histoire de conception manuelle mais bien une réflexion. Comme si il était à la fois l’architecte et le maçon. Son travail est constamment imprégné de ses sessions et de son style de surf. Prônant le surf smooth et old school, en communion avec les vagues, il aime passer du temps à trouver les lignes les plus adaptées à la planche qui se dessine sous ses doigts.

Pieds nus, un morceau de jazz en fond sonore, il déambule le pas léger et délicat, telle une danse sur un log, ces allers et venus autour du pain de mousse prenant petit à petit la forme de sa danse au son des saxo et du rabot… Il n’y a pas à dire, c’est hypnotisant. Allez faire un tour dans la salle de shape de Hugo, si vous avez la même chance que nous, vous pourrez déjà imaginer la planche glisser sur l’eau et tel un livre, il sera difficile de s’en détacher avant d’avoir lu/vu la fin.

 

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Article rédigé par Camille – @Camille_lietud.

 

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