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Philipp Reimann

 


 

Nous voilà de retour dans cet atelier, toujours à la même place sur la chaise de camping ! Toujours ces deux personnalités hors du commun et toujours cette même passion mais racontée cette fois-ci par ReimannSurfboards, alias Phil.

Grand philosophe de la vie, La Grange du Shaper part sur le chemin du surf et du shape avec lui…

 

La Grange du Shaper : Quand et pourquoi as-tu commencé à shaper ?

Philipp Reimann : A l’époque, j’étais saisonnier, l’hiver à la montagne, l’été à l’océan. C’est le surf qui m’a amené sur la côte française, à Soulac tout d’abord et puis petit à petit au camping de Messanges où Mao avait son école de surf. On a fait connaissance devant un match de foot.

Il y a 6 ans, pendant la saison au camping, j’ai commencé à visiter l’atelier de Mao et il m’a très rapidement mis un pain de mousse entre les mains en me disant de tester le shape. Il m’a fait une « formule pote » où, pour le prix d’une board, j’ai été initié à shaper ma première planche. C’est à ce moment-là que j’ai acquis mes premières connaissances du métier. C’était funky et vraiment cool.

Shaper, ce n’est pas le métier que l’on apprend à la chambre des métiers. La formation, il faut se la faire seul où tomber sur un shaper qui te permet d’apprendre les bases. Après, c’est à toi de travailler dur pour progresser.

J’ai trouvé dans le shape une passion qui m’a donné envie de me poser, de me fixer et je suis heureux de pouvoir m’exprimer dans mes créations. J’essaie de manifester dans mes planches ma philosophie de la vie et du surf, de créer une pièce d’art, connectée avec l’océan dès le moment même où je commence à la shaper.

Quand je shape, je suis déjà sorti de la planche même, quand je shape, j’exprime une idée.

 

LGS : D’où viennent tes influences ?

Phil : Je dirais qu’au début, c’est surtout grâce à l’atelier de Blend Glassing qui se trouve juste à côté. On peut y trouver bon nombre de planches de shapers expérimentés comme Josh Hall, Tyler Warren, Fantastic Acid, etc,… Tu vois beaucoup de planches, de carènes différentes… Je me suis posé des questions sur les différents rails, ce que chaque shape pouvait apporter à la planche et tu t’ouvres une multitude de possibilités.

 

LGS : Quel type de planches préfères-tu shaper ?

Phil : Au début, je me suis plutôt détaché d’un type de planches volontairement parce que je n’en savais rien. En étant contacté par des surfers qui voulaient des planches, me montrant des vidéos, j’ai appris de leurs volontés et ça m’a également permis d’affûter mes connaissances en shape. Mes clients me donnent envie de m’exprimer continuellement à travers de nouvelles créations. Autant de surfer mes planches, j’adore regarder les surfer et les planches à l’eau. Ça me permet d’évoluer dans mes idées de shape et de découvrir de nouvelles lignes. Les planches se façonnent à partir des connaissances que je recueille dans le monde physique, pas sur internet.

Et maintenant, je sens bien que j’aime shaper des twins. A présent, ce sont celles sur lesquelles je vais le plus surfer, avec stabilisateur en option. Jusqu’à maintenant, mes clients ont aimé ce genre de shape, cette petite dérive apporte un contrôle supplémentaire tout en étant plus rapide qu’un thruster habituel.

 

LGS : Quelle est ta philosophie en tant que shaper ?

Phil : Je pense qu’il ne faut pas chercher à surfer comme Fanning ou Slater mais plutôt se donner la chance d’avoir des bonnes sensations avec des planches plus accessibles, au niveau de chacun. Les planches de surf ne doivent pas uniquement exprimer la performance mais avant tout le plaisir, elles doivent apporter le fun dans chaque mouvement, chaque session.

L’image du surf que bon nombre des gens se font est différente de la culture du surf. Le but est de faire des planches qui fonctionnent pour un surfer et non pour l’image qu’il aimerait en avoir en prenant exemple sur des surfers pro.

Je ne fais jamais une planche qui ne me plait pas par rapport au style du surfer. Il faut qu’il me fasse confiance avant tout.

Certains surfeurs ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas encore trouvé la planche magique et puis ils rencontrent un shaper et c’est là qu’on peut trouver la bonne formule ! En donnant leurs impressions de leurs expériences surf, leur style, c’est le shaper qui va proposer quelque chose qu’il n’a peut-être encore jamais surfer. Ce n’est pas forcément que la planche magique va marcher au premier take-off mais c’est celle qui va permettre de créer et d’exprimer une connexion entre le surfer et la planche. La magie, elle sera forgée ainsi !!!

Une planche qui convient à un surfer va apporter la possibilité que le surfer et la planche se trouvent à un moment donné et c’est ça le but. En tant que shaper, pour créer une planche magique, il faut connaître sa place sur l’ensemble de la composition.

Je ne peux pas faire de planches pour les shops. J’ai besoin de me connecter avec les clients pour fabriquer des planches. Je dois discuter, voir, créer un lien avec le surfer et qu’il me raconte librement sa propre histoire du surf. C’est ce qui va me permettre de créer l’idée de planche qui se connecte avec le personnage. Il est important que je me visualise l’univers du surfer.

J’aimerais créer dans ce mouvement du monde qui reste éphémère, un art qui perdure dans l’infini…

C’est l’expression de ma philosophie.

LGS : Qui rêverais-tu de voir surfer tes planches ?

Phil : Je n’ai pas forcément de rêve particulier, chaque personne sur l’une de mes planches me rend heureux. Actuellement, je pense peut-être à un ami qui en aurait bien besoin. J’aimerais lui apporter cette sensation de connexion avec l’océan et de déconnexion avec l’effervescence du monde actuel qui l’entoure.

 

LGS : Quel est pour toi le meilleur moment dans la réalisation d’une planche ?

Phil : Il n’y a pas de moment que je préfère, chaque étape offre ses sensations. Je peux être plus motivé dans le shape ou la stratification de temps en temps mais chaque étape est pour moi un plaisir.

 

Le retour La Grange du Shaper :

Si notre cher Philosophe Hegel avait pu connaître le surf, il aurait certainement vu en la planche une manifestation de l’art sans précédent et aurait eu grand plaisir à rencontrer Reimann. Philosophe des temps modernes, ce shaper a le mérite d’être connu et chaque pain de mousse passé entre ces mains laisse paraître le reflet d’une philosophie de l’art et du bonheur … Hegel est-il en toi Reimann ?

Cette façon si particulière d’appréhender le monde du surf, de façonner ses planches, de connaître les surfers qui navigueront au grès des vagues et surtout de s’imaginer les planches à travers ces connaissances emmagasinées font presque de Reimann un extraterrestre (rire).

Selon Hegel, on pourrait dire de Reimann que c’est un artiste, un vrai de vrai. Il allie les techniques de création, ses œuvres se distinguent par la profondeur du contenu qu’elle révèle au surfeur, alliant travail et étude. La beauté d’une œuvre d’art est donc conférée par l’esprit qui est en elle et dieu sait que de l’esprit, il y en a dans ses planches.

Bon on vous a perdu ? C’est l’effet que ça m’a fait au début aussi en discutant avec Reimann et puis on se rend compte que de philosopher sur la vie des fois, ça fait sacrément du bien et ça remet les choses à leur place et le shape à la place d’art qui lui est dû… à méditer.

 

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Article rédigé par Camille – @Camille_lietud.

 

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